samedi, 07 juin 2008

Les bijoux de Beni Yenni


Les bijoux kabyles de Beni Yenni

Les bijoux kabyles de Beni Yenni



Les bijoux kabyles sont fascinants et leurs succès dépassent les frontières de la Kabylie et de l'Algérie même.


Le bijou kabyle est indissociable des costumes que portent les femmes kabyles. Il joue un rôle essentiel dans la vie sociale féminine. Ces bijoux en argent, finement ciselés, filigranés, rehaussés de pierres de corail proviennent du village de Beni Yenni.

La fabrication restant le plus souvent traditionnelle, les bijoux sont travaillés avec art sur une minuscule enclume qui demande un doigté d'exception.

La particularité des bijoux kabyle est la présence d'émaux de couleurs différentes (bleus, verts, jaunes) qui contrastent avec le rouge vif du cabochon en corail serti. L'émail (pratiquée pour colorer les bijoux) est une poudre qui se compose en général de sable, de minium, de potasse, et de soude finement broyés. La technique de l'émaillage est réalisé en prenant soin de délimiter les parties à teindre en soudant des fils en argent. L'artisan kabyle est un orfèvre, il a une très grande connaissance de son travail allant jusqu'à obtenir de très subtiles variantes de couleurs.

Il existe différents bijoux kabyles typiques qui sont les suivants :

- L'ihelhalen : Signifie les chevillères. Elles peuvent être de grande dimension et se distinguent par une absence de décoration émaillée sur le corps principal de l'objet. Un gros cabochon de corail ceint de boules en argent vient compléter l'ornementation de la chevillère.

- Le ddah ou amesluh est un bracelet plus petit que la chevillère. il est émaillé ou gravé sur plomb.

- Les fibules se fixent sur l'étoffe par un ardillon à l'intérieur duquel coulisse un anneau. Il en existe de nombreux types, tels que les idwiren et les taharaht qui sont de petites tailles. Les tibzimin quant à elles, sont des fibules de grandes tailles et les ibzimen des fibules triangulaires. Le tabzimt, enfin, est la pièce maîtresse de la parure kabyle. C'est une grande fibule ronde richement décorée et qui se porte sur la poitrine. Cet objet comporte de nombreux filigranes. des émaux, des boules d'argent et une multitude de coraux.

- Le taessaht est un diadème qui est devenu très rare de nos jours. Il était destiné à orner le front. Il présente une décoration faite d'émaux, de gros cabochons de corail ainsi que de boules d'argent.

- Les boucles d'oreille sont de plusieurs types : On retouve les letrak qui sont des boucles d'oreille de type très ancien qui présentent un anneau ovale orné à l'extrémité par des sertissages de corail et d'émaux. Le tigwedmatin est un autre type de boucles d'oreille. Il est composé d'anneaux ornés par du corail aux extrémités, et sont agrémentées de plaques rondes émaillées et pourvues de pendeloques allongées.

Les techniques de fonte et de moulage de l'argent remontent à l'antiquité. Elles étaient courantes dans toute l'Afrique du Nord. La bijouterie de petite Kabylie, proche sur de nombreux points de celle des Aurès, en est l'héritière directe.

La parure complète que doit posséder la mariée de Kabylie est constituée des bracelets, chevillières, boucles d'oreille, du pendentif et du diadème. Ces bijoux anciens sont très lourds, mais les femmes ne les enlevaient jamais, même quand elles se consacraient aux tâches les plus rudes.

mardi, 03 juin 2008

Jean-Michel ATLAN de CONSTANTINE

Jean-Michel ATLAN
 

Atlan J-Michel dans son atelierAffiche d'exposition Atlan J-Michel

 

 

Jean-Michel ATLAN (1913-1960)est un peintre français, né à Constantine (Algérie).
Portrait de Atlan J-Michel
Venu à Paris à dix-sept ans pour étudier la philosophie, il se passionne aussi et même surtout pour la politique et la peinture. Professeur dans les lycées de province, il est relevé de ses fonctions, en 1940, par le gouvernement de Vichy en application des lois anti-juives. Passé à la Résistance, il est arrêté en 1942 par les nazis. Il réussit néanmoins à éviter la déportation en se faisant passer pour fou et est interné à Sainte-Anne. Il s’y consacre à la peinture et, au lendemain de la Libération, expose pour la première fois à la Galerie Arc-en-Ciel en 1944. . Excellent dessinateur, il a beaucoup pratiqué le pastel. Son oeuvre se place un peu en marge de l’expressionnisme abstrait. Bien qu’il ait côtoyé le mouvement Cobra, sa courte carrière fut très personnelle.

Des rythmes plus ou moins répétitifs engendrent sur ses toiles des formes que lui-même qualifiait de “ magiques ”, traitées en teintes vives d’abord, veloutées plus tard et souvent cernées d’un large trait noir (La KahenaI, 1958, Musée national d’Art moderne, Paris). Malgré leur structure équilibrée, on y sent la tension créatrice de l’artiste, qui faisait appel, pour se définir, à cette phrase de Sade: “ On eut dit que la nature, ennuyée de ses ouvrages, fût prête à confondre tous les éléments pour les contraindre à des formes nouvelles ”.

Jean-Michel Atlan, bien que proche de l’Abstraction Lyrique, se veut avant tout « inclassable ». Il peint les formes qui l’ont « pris aux entrailles » et veut montrer le rythme de la vie. Des contours noirs, épais, « une grosse trainée sortie du tube » cernent des tâches de couleur qui semblent danser. Sa peinture, qu’il définit comme « chargée inconsciemment d’un certain pouvoir affectif », évoque une nature primitive, des végétaux, des formes « érotiques, magiques ou mystiques ». Il défend, loin de tout dogmatisme, un travail existentiel, produit d’une imagination vivante, d’une humanité. Le philosophe Emmanuel Lévinas disait de lui qu’il prêtait
« un mode d’existence nouveau, métabiologique et méthaphysique à cette vie plus vivante que la vie attentive à ses propres reflets dans le peint. » Ami de Gaston Bachelard, de Jean Paulhan, de Gertrude Stein, il occupe une place importante dans le monde artistique et intellectuel de l’après-guerre.

Retiré en 1958 à Villiers-sur-Thonon (Yonne), Jean-Michel Atlan meurt deux ans plus tard, emporté par un cancer foudroyant en 1960 à Paris.

Bibliographie : A.Verdet, Atlan, Le Musée de Poche, Paris, 1956 ; M.Ragon, Atlan, Georges Fall, Paris, 1962 ; B. Dorival, Atlan, Tisné, Paris, 1962 ; Rétrospective Atlan, MNAM, Paris, 1963 ; Rétrospective Atlan, musée de Tel Aviv, 1964 ; Atlan, MNAM, Paris, 1980 ; H.C. Cousseau, Atlan, musée des Beaux-Arts, Nantes, 1986 ; Atlan, premières périodes, 1940-1954, catalogue raisonné, Adam Biro, Paris, 1989 ; J.Polieri, Atlan-Catalogue raisonné, Gallimard, Paris, 1996.

Portrait de Atlan J-Michel
"Une forme ne m’intéresse que lorsque j’ai réussi à la faire vivre."

 

 

 

ART LYRIQUE

  • ART LYRIQUE ou INFORMEL, TACHISME / 1950-1960
 

 

JeanDegottex, Georges Mathieu, Jean Messagier, Henri Michaux, Jackson Pollock, Jean-Paul Riopelle,

Emil Schumacher, Emilio Vedova, etc.

Dubuffet Jean - Francis Sam - Hartung Hans - Lanskoy André - Papart Max - Schneider Gérard - Soulages Pierre - Tapiès Antoni - Ubac Raoul - Van Velde Bram - Fautrier Jean - Burri Alberto - Pichette James - Atlan J-Michel - Bryen Camille - Saura Antonio - Debré Olivier - Boumeester C. - Bissiere Roger - Coignard James - Engel Nissan - Poliakoff Serge - Singier Gustave - Guerrier Raymond - Asse Geneviève - Chu Teh-Chun - Jenkins Paul - Bertrand Solange - Capdeville Jean - Doucet Jacques - Fiedler François - Charchoune Serge - Michaux Henri - Marfaing André - Riopelle Jean-Paul - Orsini Monique - Servant Jacques - Dmitrienko Pierre - Baj Enrico - Pons Jean - Wols Otto - Motherwell Robert -

« Un art différent » où le rejet de la forme s'affirme comme une négation du principe de raison. Dès l'après seconde guerre mondiale, Georges Mathieu donne à ce nouveau courant de l'art le nom d'« abstraction lyrique ». Il réunit un très grand nombre d'artistes de différentes nationalités. En 1954, apparaît la notion de « Tachisme » par le critique Charles Estienne. L'unité du mouvement se situe dans le prolongement du surréalisme d'avant-guerre ; on y refuse le contrôle de la raison, l'informel tend à la calligraphie et au lyrisme des matières. L'improvisation psychique est la règle ; l'oeuvre est souvent réalisée dans l'instant suivant des techniques gestuelles diverses. Bien que l'on puisse considérer l'Expressionnisme abstrait comme son pendant américain, l'art informel, dans les années 1950, s'impose comme un

véritable « style » européen. Dans les pays d'Europe du nord, cette conception lyrique s'identifie au mouvement Cobra (1948-1951).