|   Jean-Michel ATLAN (1913-1960)est un peintre français, né à Constantine (Algérie).  Venu à Paris à dix-sept ans pour étudier la philosophie, il se passionne aussi et même surtout pour la politique et la peinture. Professeur dans les lycées de province, il est relevé de ses fonctions, en 1940, par le gouvernement de Vichy en application des lois anti-juives. Passé à la Résistance, il est arrêté en 1942 par les nazis. Il réussit néanmoins à éviter la déportation en se faisant passer pour fou et est interné à Sainte-Anne. Il s’y consacre à la peinture et, au lendemain de la Libération, expose pour la première fois à la Galerie Arc-en-Ciel en 1944. . Excellent dessinateur, il a beaucoup pratiqué le pastel. Son oeuvre se place un peu en marge de l’expressionnisme abstrait. Bien qu’il ait côtoyé le mouvement Cobra, sa courte carrière fut très personnelle. Des rythmes plus ou moins répétitifs engendrent sur ses toiles des formes que lui-même qualifiait de “ magiques ”, traitées en teintes vives d’abord, veloutées plus tard et souvent cernées d’un large trait noir (La KahenaI, 1958, Musée national d’Art moderne, Paris). Malgré leur structure équilibrée, on y sent la tension créatrice de l’artiste, qui faisait appel, pour se définir, à cette phrase de Sade: “ On eut dit que la nature, ennuyée de ses ouvrages, fût prête à confondre tous les éléments pour les contraindre à des formes nouvelles ”. Jean-Michel Atlan, bien que proche de l’Abstraction Lyrique, se veut avant tout « inclassable ». Il peint les formes qui l’ont « pris aux entrailles » et veut montrer le rythme de la vie. Des contours noirs, épais, « une grosse trainée sortie du tube » cernent des tâches de couleur qui semblent danser. Sa peinture, qu’il définit comme « chargée inconsciemment d’un certain pouvoir affectif », évoque une nature primitive, des végétaux, des formes « érotiques, magiques ou mystiques ». Il défend, loin de tout dogmatisme, un travail existentiel, produit d’une imagination vivante, d’une humanité. Le philosophe Emmanuel Lévinas disait de lui qu’il prêtait « un mode d’existence nouveau, métabiologique et méthaphysique à cette vie plus vivante que la vie attentive à ses propres reflets dans le peint. » Ami de Gaston Bachelard, de Jean Paulhan, de Gertrude Stein, il occupe une place importante dans le monde artistique et intellectuel de l’après-guerre. Retiré en 1958 à Villiers-sur-Thonon (Yonne), Jean-Michel Atlan meurt deux ans plus tard, emporté par un cancer foudroyant en 1960 à Paris. Bibliographie : A.Verdet, Atlan, Le Musée de Poche, Paris, 1956 ; M.Ragon, Atlan, Georges Fall, Paris, 1962 ; B. Dorival, Atlan, Tisné, Paris, 1962 ; Rétrospective Atlan, MNAM, Paris, 1963 ; Rétrospective Atlan, musée de Tel Aviv, 1964 ; Atlan, MNAM, Paris, 1980 ; H.C. Cousseau, Atlan, musée des Beaux-Arts, Nantes, 1986 ; Atlan, premières périodes, 1940-1954, catalogue raisonné, Adam Biro, Paris, 1989 ; J.Polieri, Atlan-Catalogue raisonné, Gallimard, Paris, 1996.  | "Une forme ne m’intéresse que lorsque j’ai réussi à la faire vivre." | |
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